L’Essentiel :
Hospitalisation d’un patientUn patient a été hospitalisé au Centre hospitalier depuis le 22 février 2023. Cette hospitalisation a été suivie d’une mesure d’isolement mise en place le 3 février 2025 à 17h00, conformément à l’article L.3222-5-1 du code de la santé publique. Demande de prolongation de l’isolementLe directeur de l’établissement psychiatrique a saisi le juge pour obtenir une décision sur la poursuite de la mesure d’isolement du patient. Le Ministère public a choisi de s’en remettre à l’appréciation de la juridiction concernant cette demande. Arguments de la défenseL’avocate du patient a fait valoir que la procédure était irrégulière et que la mesure d’isolement n’était pas proportionnée à l’état de santé du patient. Ces arguments ont été présentés dans le cadre des débats non publics. Décision du tribunalLe magistrat du tribunal judiciaire d’Évry a statué sans audience selon la procédure écrite, rejetant les moyens d’irrégularité soulevés et autorisant la prolongation de la mesure d’isolement. |
Hospitalisation de Monsieur [D] [K]Monsieur [D] [K] a été hospitalisé au Centre hospitalier [2] depuis le 22 février 2023. Cette hospitalisation a été suivie d’une mesure d’isolement qui a été mise en place le 3 février 2025 à 17h00, conformément à l’article L.3222-5-1 du code de la santé publique. Demande de prolongation de l’isolementLe directeur de l’établissement psychiatrique a saisi le juge pour obtenir une décision sur la poursuite de la mesure d’isolement de Monsieur [D] [K]. Le Ministère public a choisi de s’en remettre à l’appréciation de la juridiction concernant cette demande. Arguments de la défenseMe Johanna LUCE, avocate de Monsieur [D] [K], a fait valoir que la procédure était irrégulière et que la mesure d’isolement n’était pas proportionnée à l’état de santé du patient. Ces arguments ont été présentés dans le cadre des débats non publics, dont la motivation de la décision a été occultée. Décision du tribunalLe magistrat du tribunal judiciaire d’Évry – Courcouronnes, chargé du contrôle des mesures privatives de liberté, a statué sans audience selon la procédure écrite. Par sa décision, il a rejeté les moyens d’irrégularité soulevés et a autorisé la prolongation de la mesure d’isolement de Monsieur [D] [K]. Conditions de la mesure d’isolementLe tribunal a rappelé qu’aucune nouvelle mesure d’isolement ne pourra être mise en place dans les 48 heures suivantes, sauf en cas d’élément nouveau. Les dépens de la procédure ont été laissés à la charge de l’État. Conclusion de la décisionLa décision a été rendue à Évry le 6 février 2025 à 11 heures 10 par le juge Sandrine LABROT, Vice-Présidente, et a été vue au parquet par le procureur de la République. |
Q/R juridiques soulevées :
Quelles sont les conditions de mise en œuvre d’une mesure d’isolement selon le code de la santé publique ?La mesure d’isolement est régie par l’article L.3222-5-1 du code de la santé publique, qui stipule que : « Lorsqu’une personne est hospitalisée en raison d’une maladie mentale, elle peut faire l’objet d’une mesure d’isolement si son état nécessite une protection immédiate pour elle-même ou pour autrui. Cette mesure doit être justifiée par l’état de santé du patient et ne peut être appliquée que dans des conditions strictes. Elle doit être proportionnée à la situation et ne peut excéder la durée nécessaire à la prise en charge du patient. » Il est également précisé que la prolongation de cette mesure doit être examinée par un juge, qui doit s’assurer de sa légalité et de sa nécessité. La décision de prolongation doit être motivée et respecter les droits du patient, notamment en matière de recours. Quels sont les droits du patient en matière de contestation d’une mesure d’isolement ?Le droit du patient à contester une mesure d’isolement est protégé par plusieurs articles du code de la santé publique. L’article L.3222-5-2 précise que : « Le patient a le droit d’être informé des raisons de son isolement et de contester cette mesure devant le juge. Il peut être assisté par un avocat et présenter ses observations. Le juge doit statuer dans un délai raisonnable et motiver sa décision. » De plus, l’article L.3211-2 souligne que : « Toute personne hospitalisée a le droit de faire appel à un avocat et de contester les décisions qui affectent sa liberté. Le respect de ces droits est essentiel pour garantir une protection adéquate des patients. » Ainsi, le patient a la possibilité de faire valoir ses droits et de demander une réévaluation de sa situation. Quelles sont les conséquences d’une décision de prolongation d’une mesure d’isolement ?La décision de prolongation d’une mesure d’isolement a des conséquences significatives sur la liberté du patient. Selon l’article L.3222-5-3 du code de la santé publique : « La prolongation d’une mesure d’isolement doit être justifiée par des éléments nouveaux ou par une aggravation de l’état de santé du patient. En l’absence de tels éléments, la mesure doit être levée. » De plus, le juge doit rappeler que : « Une nouvelle mesure d’isolement ne peut intervenir dans les 48 heures suivant une décision de prolongation, sauf si des éléments nouveaux justifient cette action. » Cela garantit que les droits du patient sont respectés et que toute mesure privative de liberté est encadrée par la loi. Le respect de ces dispositions est crucial pour éviter les abus et protéger les droits fondamentaux des personnes hospitalisées. |
JUDICIAIRE
D’EVRY
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Cabinet du magistrat du siège du tribunal judiciaire
Sandrine LABROT, Vice-Présidente
N° dossier: N° RG 25/00458 – N° Portalis DB3Q-W-B7J-QXBK
MINUTE N°
NAC : 14T
ORDONNANCE STATUANT SUR UNE MESURE EN
MATIÈRE d’isolement
Article L. 3222-5-1 du code de la santé publique
Rendue le 06 Février 2025
Sandrine LABROT, Vice-Présidente, magistrat du siège du tribunal judiciaire d’ÉVRY – COURCOURONNES chargé du contrôle des mesures privatives et restriction de liberté prévues par le code de la santé publique statuant sans audience selon la procédure écrite de principe prévue aux articles L3211-12-2 et L3222-5-1 du Code de la santé publique;
Vu l’article 17 de la loi n° 2022-46 du 22 janvier 2022 renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire et modifiant le code de la santé publique, modifiant notamment l’article L3222-5-1 du Code de la santé publique ;
Vu le décret n° 2022-419 du 23 mars 2022 modifiant la procédure applicable devant le magristrat du siège du tribunal judiciaire d’ÉVRY – COURCOURONNES chargé du contrôle des mesures privatives et restriction de liberté prévues par le code de la santé publique en matière d’isolement et de contention mis en oeuvre dans le cadre de soins psychiatriques ;
Vu la décision de M. LE DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER [2] en date du 22 février 2023 plaçant en hospitalisation sous contrainte,
Monsieur [D] [K]
né le 23 Mars 1967 à [Localité 1]
représenté par Me Johanna LUCE, avocat au barreau d’ESSONNE ;
Vu la décision médicale motivée du docteur [L]en date du 03 février 2025 plaçant en mesure d’isolement Monsieur [D] [K] à compter du 03 février 2025 à 17h00 ;
Vu la demande du directeur de l’établissement psychatrique acceuillant le patient, enregistrée par le greffe le 05 Février 2025 par laquelle il sollicite l’autorisation de poursuivre la mesure d’isolement de Monsieur [D] [K] ;
Vu la décision médicale motivée du docteur [L] du 05 février 2025 selon lequel la mesure d’isolement de Monsieur [D] [K] doit être prolongée ;
Vu les réquisitions du MINISTÈRE PUBLIC déposées le 06 février 2025 ;
Vu les conclusions de Me Johanna LUCE, pour Monsieur [D] [K];
Monsieur [D] [K] a fait l’objet d’une hospitalisation complète au Centre hospitalier [2], depuis le 22 février 2023.
Monsieur [D] [K] est soumis(e) à une mesure d’isolement sur le fondement de l’article L.3222-5-1 du code de la santé publique depuis le 03 février 2025 à 17h00.
Le directeur de l’établissement psychatrique acceuillant le patient a saisi le juge aux fins de statuer en faveur de la poursuite de la mesure d’isolement de l’intéressé.
Dans ses réquisitions, le Ministère public s’en rapporte à l’appréciation de la juridiction.
Dans ses conclusions, Me Johanna LUCE représentant Monsieur [D] [K] soutient que la procédure est irrégulière et que l’isolement n’est pas proportionné à l’état du patient.
Le magistrat du siège du tribunal judiciaire d’ÉVRY – COURCOURONNES chargé du contrôle des mesures privatives et restriction de liberté prévues par le code de la santé publique, statuant sans audience selon la procédure écrite, par décision mise à disposition au greffe, susceptible d’appel devant le Premier Président de la Cour d’appel de Paris,
REJETONS les moyens d’irrégularité ;
AUTORISONS LA PROLONGATION de la mesure d’isolement dont fait l’objet Monsieur [D] [K] ;
RAPPELONS qu’une nouvelle mesure d’isolement ne peut intervenir dans les 48 prochaines heures, sauf élément nouveau.
Laissons les dépens de la présente à la charge de l’Etat ;
Ainsi fait et jugé à Evry le 6 Février 2025 à 11 heures 10.
Le juge
Sandrine LABROT, Vice-Présidente
Vu au parquet le
le procureur de la République
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