→ RésuméDans le cadre d’une cession de catalogue audiovisuel, M. [S] [N] dit [K] a manqué à son obligation de bonne foi en omettant d’informer la société Ciné-[W] [D] de l’aide à la restauration perçue pour certains films. Cette omission a conduit à une exploitation limitée des œuvres, justifiant une réduction de prix de 10 000 euros. Bien que M. [S] ait reconnu l’existence de cette aide, le tribunal a rejeté la demande de Ciné-[W] de récupérer 147 500 euros, soulignant que seule la société Le film d’art avait bénéficié de cette somme, et non M. [S]. |
Dans le cadre d’une cession de catalogue audiovisuel, le cédant manque à son obligation de bonne foi en omettant d’informer le cessionnaire de la perception d’une aide à la restauration pour les films dont les droits lui ont été cédés. L’obligation de bonne foiDans cette affaire, M. [S] [N] dit [K] a manqué à son obligation de bonne foi en omettant d’informer la société Ciné-[W] [D] de la perception par la société Le film d’art d’une aide à la restauration pour 5 des 18 films dont les droits lui ont été cédés, le CNC sollicitant des informations sur l’utilisation de cette aide par le nouveau titulaire des droits et se réservant de lui en réclamer la restitution, et que l’exploitation de l’ensemble des versions du film « Les trois mousquetaires » par la société Ciné-[W] [D] n’était pas possible, justifiant une réduction de prix de 10 000 euros. Contexte de la cessionSelon le contrat de cession de droits conclu le 18 juillet 2019 entre la société Ciné-[W] et M. S en présence de la société Le film d’art : Article 1 ‘ Cession : Le cédant cède et transporte en toute propriété au cessionnaire, qui l’accepte, l’intégralité des droits corporels et incorporels, droits d’exploitation et droits à recettes, sur les films, tels que le cédant les détient actuellement. Le cessionnaire devient, à compter de la signature des présente, propriétaire des droits détenus par le cédant sur les films. Le cédant transfère au cessionnaire, qui les accepte la totalité des éléments matériels et immatériels du film. Le cessionnaire fera son affaire des engagements contractés par le cédant sur les films, sous les réserves exprimées au présent acte. Le cessionnaire déclare avoir pris connaissance des mandats d’exploitations consentis aux sociétés Blaq Out, Lobster Films et LCJ Editions qui lui ont été remis par le cédant. Article 8 ‘ Garantie : Le cédant déclare et garantit : (‘) avoir fourni au cessionnaire tous les documents et informations qu’il détient sur les films. Garantie d’éviction du CédantLe contrat stipule également que le cédant s’engage à relever, indemniser et garantir le cessionnaire en cas d’inexactitude de l’une quelconque des déclarations et garanties contenues aux présentes, sans préjudice pour le cessionnaire de mettre en oeuvre la clause résolutoire ci-après (article 9), les déclarations et garanties qui précèdent étant essentielles et déterminantes de sa volonté de traiter. Il en résulte que M. [S] [N] dit [K] a cédé à la société Ciné-[W] [D] l’intégralité des droits corporels et incorporels, droits d’exploitation et droits à recettes, sur les films, tels que le cédant les détient actuellement à savoir les films « Paris la Nuit », « Miquette et sa mère », « Tu m’oublieras », « Education de Prince » et « Clair de Lune » non numérisés. Aucune obligation ni garantie tenant à la numérisation de ces films n’est prévue au contrat. Connaissance d’une aide du CNCPour autant, M. [S] [N] dit [K] connaissait l’existence de cette aide à la numérisation versée par le CNC à la société Le film d’art et l’absence de restauration par cette société des films dont il cédait les droits. S’il peut être considéré que M. [S] [N] dit [K] a manqué à son devoir de bonne foi en s’abstenant d’informer son co-contractant de cette situation, il n’en demeure pas moins que ce manquement ne peut fonder la condamnation de ce dernier à reverser à la société Ciné-[W] [D] la somme de 147 500 euros dont il n’a pas été bénéficiaire, seule la société Le film d’art ayant perçu cette somme du CNC (pièce 35 intimés). De même, la société Le film d’art est intervenue au contrat de cession pour reconnaître que les engagements à son profit contractés par M. [S] [N] dit [K] sont résiliés. En conséquence, la société Ciné-[W] [D], cessionnaire des droits sur les films en cause de M. [S] [N] dit [K] seul, n’est pas fondée à réclamer le versement de cette somme à la société Le film d’art qui n’est débitrice d’aucune obligation envers elle en vertu du contrat du 18 juillet 2019. La demande de la société Ciné-[W] [D] de condamnation solidaire de M. [S] [N] dit [K] et de la société Le film d’art au paiement à son profit d’une somme de 147 500 euros a été rejetée. |
→ Questions / Réponses juridiques
L’obligation de bonne foiDans le cadre d’une cession de droits, l’obligation de bonne foi est essentielle. Dans cette affaire, M. [S] [N] dit [K] a omis d’informer la société Ciné-[W] [D] concernant une aide à la restauration perçue par la société Le film d’art pour cinq films sur les dix-huit cédés. Cette omission a des conséquences significatives, car le CNC a demandé des informations sur l’utilisation de cette aide et a la possibilité de réclamer sa restitution. L’exploitation des versions du film « Les trois mousquetaires » par Ciné-[W] [D] était compromise, justifiant une réduction de prix de 10 000 euros.Contexte de la cessionLe contrat de cession de droits, signé le 18 juillet 2019, stipule que le cédant cède l’intégralité des droits corporels et incorporels sur les films au cessionnaire. Cela inclut les droits d’exploitation et les droits à recettes. Le cessionnaire devient propriétaire des droits dès la signature. Le cédant doit également transférer tous les éléments matériels et immatériels liés aux films. Le cessionnaire est responsable des engagements contractés par le cédant, sous réserve des conditions exprimées dans le contrat.Garantie d’éviction du CédantLe contrat précise que le cédant doit indemniser le cessionnaire en cas d’inexactitude des déclarations faites. Cela signifie que M. [S] [N] dit [K] a cédé tous les droits sur les films, y compris « Paris la Nuit » et « Clair de Lune », sans obligation de numérisation. Aucune garantie concernant la numérisation des films n’est mentionnée dans le contrat. Cela souligne l’importance des déclarations faites par le cédant lors de la cession des droits.Connaissance d’une aide du CNCM. [S] [N] dit [K] était au courant de l’aide à la numérisation versée par le CNC à la société Le film d’art. Il a omis d’informer Ciné-[W] [D] de cette situation, ce qui constitue un manquement à son devoir de bonne foi. Cependant, ce manquement ne justifie pas la demande de remboursement de 147 500 euros par Ciné-[W] [D], car cette somme a été perçue uniquement par la société Le film d’art. De plus, cette dernière a reconnu que les engagements contractuels envers elle étaient résiliés. La demande de Ciné-[W] [D] pour obtenir le paiement de cette somme a été rejetée, soulignant les limites de la responsabilité du cédant dans ce contexte. |
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