Épuisement du pouvoir de sanction de l’Employeur

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Épuisement du pouvoir de sanction de l’Employeur

L’employeur qui a épuisé son pouvoir de sanction ne peut reprendre les faits fautifs dans sa lettre de licenciement adressée au salarié.

Mise à pied conservatoire

Dans cette affaire, suite à un courrier remis en main propre, la salariée a été informée de sa mise à pied conservatoire, en attendant un entretien préalable à un éventuel licenciement. Il lui a été signifié qu’elle serait rapidement informée de la suite de la procédure.

Entretien préalable à un licenciement

Sept jours après cette mise à pied conservatoire, le 24 mai 2018, la salariée a été convoquée à un entretien préalable à un licenciement, confirmant ainsi la mise à pied conservatoire.

Un constat effectué par un huissier de justice le 24 mai 2018 a révélé que le courrier de convocation à l’entretien préalable avait été envoyé à l’adresse de la salariée, mais que celui-ci était revenu avec la mention « destinataire inconnu à l’adresse indiquée ».

Le délai de sept jours

Ce délai de sept jours entre la mise à pied conservatoire et la convocation à l’entretien préalable, imputable à l’employeur qui avait connaissance du changement d’adresse depuis janvier 2017 selon les bulletins de salaire, a conduit à considérer que la mesure de mise à pied conservatoire du 17 mai 2018 avait en réalité le caractère d’une sanction disciplinaire. Ainsi, au moment où la procédure de licenciement a été engagée le 24 mai 2018, l’employeur avait déjà épuisé son pouvoir disciplinaire concernant les faits énoncés dans la lettre de mise à pied et réitérés dans la lettre de licenciement.

De plus, l’employeur avait connaissance d’autres faits reprochés à la salariée avant la mise à pied, notamment :

  • Des erreurs dans le traitement des commandes et des règlements constatés le 9 mai 2018.
  • Des erreurs dans les commandes de meubles pour certains clients dès janvier 2018.
  • Des erreurs dans le traitement des dossiers de financement dès le 16 mai 2018.
  • Un abus de fonction concernant l’octroi d’avantages personnels dans une commande passée auprès d’un fournisseur, connu dès avril 2018.

L’employeur n’a pas non plus prouvé que les plaintes de certains clients lui étaient parvenues après le 17 mai 2018.

L’employeur avait déjà épuisé son pouvoir disciplinaire

En conclusion, l’employeur avait déjà épuisé son pouvoir disciplinaire concernant tous les faits énoncés dans la lettre de licenciement, rendant ainsi le licenciement de la salariée dépourvu de cause réelle et sérieuse.

Questions / Réponses juridiques

Quelles sont les indemnités auxquelles un salarié a droit en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse ?

Le salarié licencié sans cause réelle et sérieuse a droit à plusieurs indemnités. En premier lieu, il peut recevoir une indemnité compensatrice de préavis, qui correspond à la rémunération qu’il aurait perçue s’il avait effectué son préavis. Cette indemnité est souvent calculée sur la base du salaire brut mensuel. De plus, le salarié a droit à l’indemnité de congés payés, qui est calculée en fonction des jours de congés non pris au moment du licenciement. En outre, il peut bénéficier d’une indemnité conventionnelle de licenciement, également appelée indemnité légale de licenciement, dont le montant est déterminé par la convention collective applicable ou par un accord d’entreprise.

Quelles sont les conditions pour bénéficier de l’indemnité légale de licenciement ?

Pour bénéficier de l’indemnité légale de licenciement, le salarié doit être en contrat à durée indéterminée (CDI) et ne pas être licencié pour une faute grave ou lourde. Il est également nécessaire que le salarié ait au moins 8 mois d’ancienneté ininterrompue dans l’entreprise à la date de notification du licenciement. Ces conditions garantissent que seuls les salariés ayant une certaine stabilité dans leur emploi peuvent prétendre à cette indemnité.

Comment est calculée l’indemnité légale de licenciement ?

L’indemnité légale de licenciement est calculée en fonction de l’ancienneté du salarié et de son salaire de référence. Le salaire de référence peut être déterminé de deux manières : soit en prenant la moyenne mensuelle des douze derniers mois de salaire, soit en calculant le tiers des trois derniers mois de salaire. Ce calcul est effectué même si le salarié n’effectue pas son préavis. L’indemnité est donc proportionnelle à la durée de service dans l’entreprise, ce qui reflète l’engagement du salarié.

Quels sont les principes de calcul des indemnités consécutives à la rupture du contrat de travail ?

Les indemnités consécutives à la rupture du contrat de travail, y compris l’indemnité de licenciement, doivent être calculées sur la base de la rémunération que le salarié aurait dû percevoir. Il est important de noter que ce calcul ne se base pas sur la rémunération effectivement perçue par le salarié, mais sur ce qu’il aurait gagné s’il avait continué à travailler. Cela garantit que le salarié est compensé de manière équitable pour la perte de son emploi.

Quels sont les montants minimums de l’indemnité légale de licenciement ?

L’indemnité légale de licenciement ne peut être inférieure à un montant calculé par année de service dans l’entreprise. En général, cela correspond à un mois de salaire brut par année de service, avec des ajustements pour les mois de service au-delà des années pleines. Les montants minimums varient en fonction de l’ancienneté du salarié, ce qui signifie que plus un salarié a d’ancienneté, plus son indemnité sera élevée.

L’indemnité légale de licenciement peut-elle être cumulée avec d’autres indemnités ?

Non, l’indemnité légale de licenciement ne peut pas être cumulée avec d’autres indemnités de même nature. Par exemple, elle ne peut pas être additionnée à une indemnité de départ ou de mise à la retraite, ni à une indemnité conventionnelle de licenciement. Cette règle vise à éviter les doubles compensations pour un même motif de licenciement, garantissant ainsi une certaine clarté et équité dans le processus de licenciement.

L’indemnité légale de licenciement est-elle imposable ?

L’indemnité légale de licenciement n’est pas soumise à l’impôt sur le revenu. En effet, les indemnités versées suite à un licenciement irrégulier ou abusif, ainsi que les indemnités de conciliation prud’homale, sont exemptes de cotisations de Sécurité sociale. Elles ne sont pas imposables et bénéficient d’une exonération dans la limite de deux fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, ce qui permet de protéger le salarié contre une imposition excessive sur ces indemnités.

Quelle est l’indemnité prévue pour un licenciement sans cause réelle et sérieuse selon le Barème Macron ?

Selon l’article L.1235-3 du code du travail, un salarié licencié sans cause réelle et sérieuse dans une entreprise de plus de onze salariés a droit à une indemnité dont le montant varie entre des montants minimaux et maximaux fixés par la loi. Le Barème Macron, introduit par la loi n°2018-217, définit ces montants en fonction de l’ancienneté du salarié. Si le licenciement est jugé abusif, le juge peut également proposer la réintégration du salarié dans l’entreprise.

Comment est déterminé le montant de l’indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse ?

Le montant de l’indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse est déterminé en tenant compte de plusieurs critères, notamment l’ancienneté du salarié, son salaire, son âge et sa capacité à retrouver un nouvel emploi. Ce montant est compris entre des montants minimaux et maximaux fixés par le Barème Macron, ce qui permet d’assurer une certaine équité dans le traitement des licenciements abusifs.

Exemple d’application

Dans un cas concret, une salariée a été indemnisée à hauteur de 23 840,88 euros pour la perte injustifiée de son emploi. Ce montant correspondait au plafond de 6 mois de salaire, déterminé en prenant en compte divers éléments tels que l’ancienneté, le salaire et l’âge de la salariée, ainsi que les circonstances entourant son licenciement. Cet exemple illustre comment les différents facteurs peuvent influencer le montant final de l’indemnité versée au salarié.

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