Type de juridiction : Cour d’appel
Juridiction : Cour d’appel de Paris
Thématique : Cession de catalogue musical : faut-il informer l’auteur ?
→ RésuméLa cession d’un catalogue musical par un éditeur n’exige pas nécessairement l’information préalable de l’auteur, surtout si elle s’effectue dans le cadre d’une mutation de fonds de commerce. Selon l’article L.132-16 du code de la propriété intellectuelle, l’éditeur doit obtenir l’autorisation de l’auteur pour transmettre le bénéfice du contrat d’édition à des tiers, mais cette exigence ne s’applique pas lors d’une cession de fonds de commerce. Toutefois, si cette cession compromet gravement les intérêts de l’auteur, celui-ci peut demander réparation, y compris la résiliation du contrat.
|
L’auteur n’a pas nécessairement à être informé d’une cession de son catalogue musical par l’éditeur dès lors que cette cession s’opère par mutation de fonds de commerce.
L.132-16 du code de la propriété intellectuelle
Au sens de l’article L.132-16 du code de la propriété intellectuelle, l’éditeur ne peut transmettre, à titre gratuit ou onéreux, ou par voie d’apport en société, le bénéfice du contrat d’édition à des tiers, indépendamment de son fonds de commerce, sans avoir préalablement obtenu l’autorisation de l’auteur.
Intérêts matériels ou moraux de l’auteur en péril
En cas d’aliénation du fonds de commerce, si celle-ci est de nature à compromettre gravement les intérêts matériels ou moraux de l’auteur, celui-ci est fondé à obtenir réparation même par voie de résiliation du contrat. Lorsque le fonds de commerce d’édition était exploité en société ou dépendait d’une indivision, l’attribution du fonds à l’un des ex-associés ou à l’un des co-indivisaires en conséquence de la liquidation ou du partage ne sera, en aucun cas, considérée comme une cession.
Cession validée
En l’espèce, la cession de l’intégralité du catalogue éditorial d’une société comprenant, entre autres, l’œuvre de l’auteur, a constitué la cession du fonds de commerce de cette dernière, de sorte que conformément à l’alinéa 1 de l’article L.132-16 précité, cette cession n’avait pas à être autorisée par l’auteur. Par ailleurs, celui-ci n’invoquait aucune atteinte grave à ses intérêts matériels ou moraux d’auteur au sens de l’alinéa 2 du même article. Attention tout de même à signifier la cession à la SACEM dont l’auteur est le plus souvent membre.
Laisser un commentaire