Cour d’appel de Paris, 11 décembre 2015, N° 04/00004
Cour d’appel de Paris, 11 décembre 2015, N° 04/00004

Type de juridiction : Cour d’appel

Juridiction : Cour d’appel de Paris

Résumé

Une danseuse étoile a entrepris d’adapter le ballet Giselle en version audiovisuelle, sollicitant une coauteure pour l’écriture du scénario. Cependant, elle a été condamnée pour contrefaçon, ayant largement puisé dans ce scénario pour une version scénique commandée par le ballet de Finlande. Selon l’article L 112-3 du code de la propriété intellectuelle, l’adaptateur bénéficie d’une protection, mais le ballet est une œuvre collaborative, impliquant divers auteurs. L’examen de la représentation a révélé que la danseuse avait exploité le scénario sans autorisation, portant ainsi atteinte aux droits d’auteur de la coauteure.

Adaptation audiovisuelle d’un ballet

Une danseuse étoile de grande notoriété, a souhaité procédé à une adaptation audiovisuelle du ballet Giselle créé le 28 juin 1841 sur le livret de Théophile Gauthier et le librettiste Vernoy de Saint Georges qui fut dansé et chorégraphie au travers de 220 versions.  Une coauteure a été sollicitée pour participer à l’écriture de la version audiovisuelle de ce ballet. Cette dernière a élaboré plusieurs versions du ‘scénario’ tandis que se poursuivaient les discussions avec les producteurs, et le réalisateur pressenti.

La danseuse étoile a été condamnée pour contrefaçon pour s’être largement inspirée du scénario en cause pour réaliser une version scénique du ballet Giselle commandé par le ballet de Finlande.

Cession des droits d’adaptation

L’adaptateur bénéficie de la protection de l’article L 112-3 du code de la propriété intellectuelle qui dispose les auteurs d’adaptation ou arrangement des oeuvres de l’esprit jouissent de la protection instituée par le code de la propriété intellectuelle sans préjudice des droits de l’auteur de l’oeuvre originale.

Un spectacle de ballet est une oeuvre de collaboration au sens de l’article L 113-2 du CPI entre l’auteur du livret qui définit les personnages, les lieux, les lieux les actions et leur enchaînement, l’auteur de la chorégraphie, l’auteur de la musique, l’auteur des décors, l’auteur des costumes, auxquels peuvent se joindre d’autres contributeurs pour des prestations qui peuvent dans certains cas être qualifiées d’originales.

Le ballet Giselle fut créé le 28 juin 1841 en deux actes sur la scène de l’Opéra de Paris, selon le livret de Théophile Gauthier et du librettiste Vernoy de Saint Georges, une chorégraphie de Coralli et Perrot et une musique d’Adolphe Adam et a fait l’objet de plus de 220 représentations.

En l’occurrence, le scénario en cause, s’il reprend les éléments traditionnels du ballet Gisèle il revêt par ces apports originaux un caractère original, éligible à la protection du droit d’auteur. Dès le prologue, le scénario rend les personnages principaux plus complexes. Il redonne, avec des moyens neufs, du poids à ces personnages dont la silhouette s’était amenuisée derrière le rôle de Giselle qui avait, avec le temps, pris de plus en plus d’ampleur sur la base de la virtuosité technique. Le scénario était donc original et éligible à la protection du droit d’auteur.

Contrefaçon de ballet établie

L’examen de l’enregistrement du ballet a fait apparaître que ladite représentation était une transposition du travail cinématographique sur une scène qui allie dramaturgie, chorégraphie et scénographie. Il en ressort que la danseuse étoile en exploitant le scénario sans l’autorisation de la coauteure et sans la citer a commis des actes de contrefaçon de ses droits d’auteur et a porté atteinte à son droit moral.

Questions / Réponses juridiques

Quel est le contexte de l’adaptation audiovisuelle du ballet Giselle ?

L’adaptation audiovisuelle du ballet Giselle a été initiée par une danseuse étoile de grande notoriété, qui a souhaité moderniser cette œuvre classique créée le 28 juin 1841.

Le ballet, basé sur un livret de Théophile Gauthier et un texte de Vernoy de Saint Georges, a été chorégraphié et dansé à travers plus de 220 versions.

Pour cette adaptation, une coauteure a été sollicitée pour participer à l’écriture du scénario, ce qui a entraîné plusieurs versions en cours de discussion avec les producteurs et le réalisateur pressenti.

Quelles sont les implications juridiques de la cession des droits d’adaptation ?

L’adaptateur d’une œuvre bénéficie de la protection de l’article L 112-3 du code de la propriété intellectuelle, qui stipule que les auteurs d’adaptations ou d’arrangements d’œuvres jouissent de droits sans préjudice des droits de l’auteur original.

Dans le cas d’un spectacle de ballet, il s’agit d’une œuvre de collaboration, comme le précise l’article L 113-2 du CPI.

Cela signifie que plusieurs contributeurs, tels que l’auteur du livret, le chorégraphe, le compositeur, et d’autres, détiennent des droits sur l’œuvre, ce qui complique la gestion des droits d’adaptation.

Comment le scénario de l’adaptation a-t-il été jugé en termes de protection du droit d’auteur ?

Le scénario de l’adaptation, bien qu’il reprenne des éléments traditionnels du ballet Giselle, a été jugé original en raison de ses apports novateurs.

Dès le prologue, il complexifie les personnages principaux, redonnant du poids à ceux qui avaient été éclipsés par le rôle de Giselle, qui avait pris de l’ampleur au fil du temps.

Cette originalité a permis au scénario d’être éligible à la protection du droit d’auteur, car il a su apporter une nouvelle dimension à l’œuvre originale.

Quelles ont été les conséquences de la contrefaçon établie ?

L’examen de l’enregistrement du ballet a révélé que la représentation était une transposition du travail cinématographique sur scène, intégrant dramaturgie, chorégraphie et scénographie.

La danseuse étoile a été reconnue coupable d’avoir exploité le scénario sans l’autorisation de la coauteure, ce qui constitue une violation de ses droits d’auteur.

Cette exploitation non autorisée a également porté atteinte au droit moral de la coauteure, entraînant des conséquences juridiques pour la danseuse.

 


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