Type de juridiction : Conseil d’Etat
Juridiction : Conseil d’Etat
→ RésuméL’augmentation de plus de 20 % du budget d’aides au cinéma et à l’audiovisuel ne nécessite pas de notification à la Commission européenne. Les sociétés ayant payé la taxe sur les ventes de vidéogrammes ne peuvent pas demander son remboursement en raison de l’absence de communication de cette hausse. Le Conseil d’État a jugé que le régime d’aides, financé par ces taxes, est compatible avec le marché commun. En l’absence de lien d’affectation contraignant entre les taxes et le régime d’aides, les sociétés ne peuvent réclamer le remboursement des taxes acquittées.
|
L’augmentation de plus de 20 % du budget du régime d’aides au cinéma et à l’audiovisuel n’a pas à faire l’objet d’une nouvelle notification à la Commission européenne. Les sociétés ayant acquitté la taxe sur les ventes et locations de vidéogrammes destinés à l’usage privé du public ne peuvent en obtenir le remboursement pour défaut de communication de ladite hausse à la commission européenne. Le Conseil d’État a déclaré compatible avec le marché commun le régime d’aides au cinéma et à l’audiovisuel financé par les taxes sur les ventes et locations de vidéogrammes et sur les services de télévision. Validation de la taxe sur les vidéogrammesEn l’absence Par Compatibilité des hausses de taxes avec le
|
→ Questions / Réponses juridiques
Quelle est la décision du Conseil d’État concernant le régime d’aides au cinéma et à l’audiovisuel ?Le Conseil d’État a déclaré que l’augmentation de plus de 20 % du budget du régime d’aides au cinéma et à l’audiovisuel n’exigeait pas une nouvelle notification à la Commission européenne. Cette décision repose sur le fait que les sociétés ayant payé la taxe sur les ventes et locations de vidéogrammes ne peuvent pas demander le remboursement de cette taxe en raison d’un défaut de communication de la hausse à la Commission européenne. Ainsi, le régime d’aides est considéré comme compatible avec le marché commun, ce qui permet de maintenir le financement par les taxes sur les ventes et locations de vidéogrammes ainsi que sur les services de télévision. Quelles sont les conditions pour demander le remboursement de la taxe sur les ventes et locations de vidéogrammes ?Pour qu’une société puisse demander le remboursement de la taxe sur les ventes et locations de vidéogrammes, il doit exister un lien d’affectation contraignant entre cette taxe et le régime d’aides au cinéma et à l’audiovisuel qu’elle finance. En l’absence de ce lien, une société ne peut pas prétendre à un remboursement. Cela signifie que les taxes doivent être directement affectées au financement des aides, influençant ainsi leur montant et leur compatibilité avec le marché commun. Le Conseil d’État a également posé une question préjudicielle à la CJUE pour clarifier cette notion de lien d’affectation, soulignant l’importance de l’interprétation des règlements européens en matière d’aides d’État. Comment la CJUE a-t-elle interprété le lien d’affectation entre les taxes et les aides ?La CJUE a précisé que pour qu’une taxe soit considérée comme faisant partie intégrante d’une mesure d’aide, il doit exister un lien d’affectation contraignant entre la taxe et l’aide. Cela signifie que le produit de la taxe doit être nécessairement affecté au financement de l’aide et influencer directement son montant. Dans l’arrêt Société Régie Networks, la Cour a également souligné que même si les aides sont attribuées par une commission, le montant de la taxe doit influencer directement l’importance des aides, ce qui implique que l’organe en charge ne doit pas pouvoir affecter les fonds à d’autres fins. Quelles sont les implications de l’article 107 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne ?L’article 107 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne stipule que les aides accordées par les États, qui faussent ou menacent de fausser la concurrence, sont incompatibles avec le marché commun. Cela inclut les aides qui affectent les échanges entre États membres. La Commission européenne est chargée d’examiner en permanence les régimes d’aides existants et de proposer des mesures pour assurer le bon fonctionnement du marché commun. Les États membres doivent informer la Commission des projets d’aides, et aucune mesure ne peut être mise en œuvre avant qu’une décision finale ait été prise par la Commission, garantissant ainsi une surveillance stricte des aides d’État. Quel est l’historique des taxes affectées au CNC ?Les taxes sur le prix des entrées en salles, sur les ventes et locations de vidéogrammes, ainsi que sur les services de télévision, constituent les principales ressources du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). Entre 2007 et 2011, le produit de ces taxes a augmenté de 57 %, principalement en raison de la modification de l’assiette de la taxe sur les services de télévision. Cependant, les aides accordées n’ont augmenté que de 23 % durant la même période, ce qui soulève des questions sur la proportionnalité entre les recettes fiscales et les dépenses d’aides. Malgré une part modeste des sommes reversées à l’État, le total des sommes soustraites au financement des aides a représenté une part croissante des recettes, ce qui a conduit à la conclusion que les taxes ne pouvaient pas être considérées comme faisant partie intégrante du régime d’aides. |
Laisser un commentaire