Hors l’existence d’un lien de subordination, une société faisant partie d’un groupe ne peut être qualifiée de coemployeur du personnel employé par une autre que s’il existe, au-delà de la nécessaire coordination des actions économiques entre les sociétés appartenant à un même groupe et de l’état de domination économique que cette appartenance peut engendrer, une immixtion permanente de cette société dans la gestion économique et sociale de la société employeur, conduisant à la perte totale d’autonomie d’action de cette dernière. L’absence d’écritEn l’absence d’écrit ou d’apparence de contrat, il appartient à celui qui invoque un contrat de travail d’en rapporter la preuve mais en présence d’un contrat apparent, il incombe à celui qui invoque son caractère fictif d’en rapporter la preuve. La preuve du contrat de travailLe contrat de travail suppose un engagement à travailler pour le compte et sous la subordination d’autrui moyennant rémunération. Le critère du lien de subordinationLe lien de subordination est caractérisé par l’exécution d’un travail sous l’autorité d’un employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements de son subordonné. Peut constituer un indice de subordination le travail au sein d’un service organisé lorsque l’employeur en détermine unilatéralement les conditions d’exécution. |
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Qu’est-ce que l’URSSAF peut faire en cas de lien de subordination ?L’URSSAF a le droit de requalifier une convention d’exercice libéral en contrat de travail si un lien de subordination est établi entre les professionnels de santé et l’établissement de santé. Cette requalification est justifiée par le fait que les professionnels exercent leur activité sous l’autorité de l’établissement, ce qui entraîne leur assujettissement au régime général de la sécurité sociale. Cela peut également conduire à un redressement des cotisations sociales dues par l’établissement, car les rémunérations versées aux professionnels de santé doivent être intégrées dans l’assiette des cotisations si un lien de subordination est avéré.Quels sont les critères d’affiliation au régime général selon l’article L.311-2 ?L’article L.311-2 du code de la sécurité sociale stipule que toutes les personnes, peu importe leur nationalité, sexe ou statut, sont affiliées obligatoirement aux assurances sociales du régime général. Cela inclut les salariés et ceux travaillant à divers titres pour un ou plusieurs employeurs, indépendamment du montant ou de la nature de leur rémunération. Ainsi, même si un professionnel de santé est considéré comme libéral, il peut être affilié au régime général s’il travaille sous un lien de subordination, ce qui est déterminé par les conditions de fait de son activité.Comment se prouve l’existence d’un contrat de travail ?La preuve d’un contrat de travail ne dépend pas de la volonté des parties ou de la dénomination de leur convention, mais des conditions réelles dans lesquelles le travail est effectué. Les juridictions utilisent une méthode appelée « faisceau d’indices » pour évaluer l’existence d’un lien de subordination. Cela signifie que le juge doit examiner divers éléments du litige pour déterminer si un lien de subordination est présent, ce qui peut inclure des aspects tels que le contrôle exercé par l’employeur sur le travailleur.Qu’est-ce que le lien de subordination ?Le lien de subordination est défini par l’exécution d’un travail sous l’autorité d’un employeur, qui a le pouvoir de donner des ordres, de contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements. Ce lien peut être établi lorsque l’employeur détermine unilatéralement les conditions d’exécution du travail. Il est important de noter que c’est à la partie qui revendique l’existence d’un contrat de travail de prouver ce lien de subordination.Comment l’indépendance des professions médicales influence-t-elle leur affiliation ?La profession médicale est généralement considérée comme indépendante, ce qui signifie que les médecins et autres professionnels de santé sont souvent affiliés à la protection sociale des non-salariés. Cependant, cette indépendance ne les exclut pas d’une affiliation au régime général s’ils travaillent sous un lien de subordination. Dans le cas étudié, plusieurs professionnels de santé ont été jugés assujettis au régime général en raison de leur lien de subordination avec la Clinique, malgré leur statut de libéraux.Quelles sont les spécificités de l’exercice des auxiliaires médicaux ?Les auxiliaires médicaux, comme les psychologues, peuvent être soumis à des conditions de travail qui établissent un lien de subordination. Dans le cas de Mme [E], psychologue, elle était astreinte à des horaires prédéterminés et devait se faire remplacer en cas d’absence. Ces éléments, pris ensemble, ont conduit à la conclusion que son activité était soumise à un lien de subordination, justifiant son assujettissement au régime général de la sécurité sociale.Comment se distingue l’exercice des médecins de celui des auxiliaires médicaux ?Contrairement aux auxiliaires médicaux, les médecins peuvent avoir plus de liberté dans l’exercice de leur activité. Les conventions d’exercice libéral des médecins ne leur imposent généralement pas de contraintes de présence ou d’horaire. De plus, ils sont souvent rémunérés à l’acte, ce qui leur confère une plus grande indépendance par rapport aux auxiliaires médicaux, qui peuvent être soumis à des horaires fixes et à des obligations de présence.Quelles conclusions peut-on tirer concernant le docteur [O] ?Le docteur [O] a été rémunéré de manière fixe, ce qui indique qu’il a exercé son activité avec des horaires et une rémunération déterminés par la Clinique. Cela suggère un lien de subordination, car il n’avait pas la liberté de choisir sa clientèle et devait rendre compte de son activité à la direction. Ainsi, la CGSS a correctement réintégré ses rémunérations dans l’assiette des cotisations sociales, établissant un lien de subordination avec la Clinique. |
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