Une société de production, employeur, qui prend la décision d’organiser le vol des deux hélicoptères en formation rapprochée, les aéronefs devant effectuer un vol à faible distance l’un de l’autre, manoeuvre qui conduit à un accident mortel, commet une faute inexcusable. Affaire DroppedLe tournage du jeu d’aventures « Dropped » en Argentine avait tourné au drame : deux hélicoptères s’étaient percutés en plein vol, causant la mort de dix personnes dont trois sportifs français de haut niveau. Responsabilité de la société de productionLa société de production, employeur a fait valoir en vain qu’elle était un professionnel de l’audiovisuel et non de l’aviation civile et que, n’étant pas en mesure d’appréhender elle-même les risques liés à l’utilisation d’hélicoptères, elle s’était précisément entourée de professionnels compétents ; elle faisait ainsi valoir que, s’agissant d’un tournage en Argentine, elle avait conclu un contrat avec la société [8], importante société de production audiovisuelle argentine, confiant à cette dernière la réalisation de prestations techniques locales dans le respect de la réglementation locale en matière de sécurité ; elle faisait, surtout, valoir que, pour l’ensemble des aspects tenant à la sécurité des salariés et des participants au programme et notamment les vols en hélicoptère, elle avait confié à la société [6] et à son dirigeant M. [H] [M], professionnel hautement spécialisé et expérimenté, une mission complète afin d’assurer la sécurité du tournage impliquant notamment de s’assurer de l’application des bonnes procédures pour chaque expédition, particulièrement l’organisation de la sécurité des vols. Manquement à l’obligation légale de sécuritéIl résulte des articles L. 452-1 du code de la sécurité sociale, L. 4121-1 et L. 4121-2 du code du travail que le manquement à l’obligation légale de sécurité et de protection de la santé à laquelle l’employeur est tenu envers le travailleur a le caractère d’une faute inexcusable lorsque l’employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était soumis le travailleur et qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour l’en préserver. L’employeur ne peut s’affranchir de son obligation de sécurité par la conclusion d’un contrat prévoyant qu’un tiers assurera cette sécurité. Une décision à risqueOr, l’employeur a pris la décision d’organiser le vol des deux hélicoptères en formation rapprochée, les aéronefs devant effectuer un vol à faible distance l’un de l’autre. L’organisation de ce vol correspond à un scénario défini par l’employeur qui souhaitait réaliser des prises de vues de ce vol dans le cadre du tournage de l’émission de télévision. Le vol en formation des hélicoptères transportant des passagers représentait un risque, que l’employeur a choisi de prendre, et qui se trouve à l‘origine directe et certaine de la collision entre les appareils ayant entraîné le décès de la victime. L’employeur pouvait prendre des mesures pour préserver les passagers de l’accident, en excluant la possibilité d’un vol en formation des hélicoptères ou en modifiant leurs trajectoires de vol. En l’absence de vol d’essai sans passagers, de vérification de l’existence d’un moyen de communication entre les aéronefs ou entre ces derniers et le sol, ou de mention d’un risque de collision dans le plan de sécurité et de sûreté, l’employeur n’a pas pris les précautions qui s’imposaient. Les sociétés tierces qui sont intervenues pour assurer les prestations techniques et de sécurité demeuraient sous la supervision, la direction et le contrôle de l’employeur. Faute inexcusable de l’employeurEn conclusion, l’employeur, qui avait ou aurait dû avoir conscience du danger résultant pour son salarié du vol en formation rapprochée de l’hélicoptère dont il était passager et qui n’a pas pris les mesures nécessaires pour l’en préserver, a commis une faute inexcusable. |
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Quel est le cadre légal concernant le port du masque anti-Covid au travail ?Le port du masque chirurgical sur le lieu de travail a été rendu obligatoire par les directives gouvernementales à partir de mai 2020, suite à la sortie du confinement national. Cette obligation a été mise en place dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de COVID-19. Les salariés ne peuvent pas invoquer des conditions climatiques pour justifier leur non-port, car la sécurité et la santé au travail priment sur d’autres considérations. Les règles établies visent à protéger non seulement le salarié, mais aussi ses collègues et clients, en limitant la propagation du virus.Quelles sont les obligations de l’employeur concernant les équipements de protection individuelle ?L’employeur a l’obligation de garantir la santé et la sécurité de ses salariés en fournissant les équipements de protection individuelle (EPI) nécessaires. Cela inclut le port de masques, de chaussures de sécurité et d’autres vêtements de travail appropriés. Les règles de sécurité doivent être respectées, indépendamment des conditions climatiques. L’employeur doit également informer et former les salariés sur l’utilisation correcte de ces équipements. Des affichages dans l’entreprise rappellent ces obligations, et des documents de consignes de sécurité sont souvent signés par les employés pour attester de leur compréhension des règles.Quelles sanctions peuvent être appliquées en cas de non-port du masque ?Le non-port du masque chirurgical constitue une faute du salarié, justifiant une sanction. Dans le cas évoqué, le salarié a été averti pour ne pas avoir respecté cette obligation. Les sanctions peuvent varier en fonction de la gravité de la faute et de l’historique disciplinaire du salarié. Dans ce cas, le salarié avait déjà reçu des avertissements pour d’autres infractions, ce qui peut aggraver la situation. L’employeur a le droit de prendre des mesures disciplinaires, y compris des avertissements ou des mises à pied, pour assurer le respect des règles de sécurité.Comment le salarié a-t-il justifié son non-port du masque ?Le salarié n’a pas fourni de justification valable pour son non-port du masque chirurgical. Les conditions climatiques ne peuvent pas être utilisées comme excuse pour ne pas respecter les règles de sécurité. Il est de la responsabilité du salarié de signaler toute difficulté rencontrée concernant le port des équipements de protection. Dans ce cas, le salarié n’a pas informé sa responsable de service des problèmes qu’il aurait pu rencontrer. Le non-respect des consignes de sécurité, surtout dans le contexte d’une pandémie, est considéré comme une faute grave qui peut entraîner des sanctions disciplinaires.Quelles étaient les conséquences disciplinaires pour le salarié ?Le salarié a déjà fait l’objet d’un avertissement pour non-port des équipements de protection, ce qui montre un comportement récurrent. En plus de cet avertissement, il avait également reçu des sanctions pour d’autres infractions, ce qui pourrait influencer la sévérité des mesures prises à son encontre. Les conséquences peuvent inclure des avertissements supplémentaires, des mises à pied ou d’autres sanctions disciplinaires, en fonction de la politique de l’entreprise et de la gravité des infractions. |
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