L’Essentiel : La collaboration entre un éditeur de presse basé à Londres et une rédactrice en chef, sans contrat de travail, a conduit à une requalification en CDI à temps plein. En l’absence d’un écrit, le contrat est présumé à temps complet, et l’éditeur doit prouver le contraire. De plus, la salariée a perçu un salaire inférieur à la convention collective des journalistes, entraînant des condamnations pour paiement de compléments de salaires et d’intérêts. L’éditeur a également été reconnu coupable de travail dissimulé, n’ayant pas déclaré l’embauche ni remis de bulletins de salaire, ce qui a établi l’intentionnalité de l’infraction.
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Editeurs étrangers en FranceUne certaine confusion juridique peut régner dans le domaine des magazines édités à l’étranger et distribués en France. La collaboration avec les pigistes et le rédacteur en chef doit faire l’objet d’une contractualisation sous peine de requalification en contrat de travail mais aussi de condamnation pour travail dissimulé. Un éditeur basé à Londres publiant huit magazines, quatre en langue anglaise et quatre en français, a recruté une rédactrice en chef mais sans signer de contrat de travail. La relation des parties était par conséquent présumée être à durée indéterminée. Requalification en CDI à temps pleinSelon l’article L. 3123-14 du code du travail, le contrat de travail du salarié à temps partiel est un contrat écrit et doit impérativement mentionner : 1° la qualification du salarié, les éléments de la rémunération, la durée hebdomadaire ou mensuelle prévue et la répartition de la durée du travail entre les jours de la semaine ou les semaines du mois ; 2° les cas dans lesquels une modification éventuelle de cette répartition peut intervenir ainsi que la nature de cette modification ; 3° les modalités selon lesquelles les horaires de travail pour chaque journée travaillée sont communiqués par écrit au salarié ; 4° les limites dans lesquelles peuvent être accomplies des heures complémentaires au-delà de la durée du travail fixé par le contrat. Preuve du temps de travailEn l’absence d’un écrit constatant l’existence d’un contrat de travail à temps partiel, le contrat qui a lié les parties est présumé conclu pour en horaire à temps complet. Si l’absence de contrat écrit fait présumer que l’emploi est à temps complet, l’employeur a toutefois la faculté d’apporter la preuve de l’existence d’un contrat à temps partiel. Il lui incombe de rapporter la preuve, d’une part de la durée exacte hebdomadaire ou mensuelle convenue, d’autre part que le salarié n’était pas placé dans l’impossibilité de prévoir à quel rythme il devait travailler et qu’il n’avait pas à se tenir constamment à la disposition de l’employeur. L’éditeur ne versant aucun élément permettant d’établir que la salariée ne travaillait pas à temps plein en sa qualité de rédactrice en chef du magazine. En raison de la nature de son emploi, elle devait se tenir à tout moment à la disposition de son employeur qui la sollicitait la nuit, le week-end, pendant ses congés. Salaire inférieur à la Convention collective des journalistesSur quatre ans de collaboration, la salariée avait perçu deux fois moins que le salaire de base du salaire conventionnel de référence. L’éditeur a donc été condamné au paiement des compléments de salaires, mais aussi des intérêts légaux, congés payés et 13ème mois. Travail dissimulé retenuL’éditeur de presse a également été condamné pour travail dissimulé au sens de l’article L.8221-1 du code du travail. Le salarié auquel l’employeur a recours de façon dissimulée a le droit, en cas de rupture de la relation de travail, à une indemnité forfaitaire égale à six mois de salaire. La dissimulation d’emploi salarié n’est caractérisée que s’il est établi que l’employeur a agi de manière intentionnelle. L’éditeur n’ayant pas procédé à la déclaration d’embauche ni remis de bulletins de salaires à la salariée durant toute l’exécution de la prestation de travail, le caractère intentionnel de l’infraction a été retenu. |
Q/R juridiques soulevées :
Quelle est la situation juridique des éditeurs étrangers en France concernant les contrats de travail ?La situation juridique des éditeurs étrangers en France est complexe, notamment en ce qui concerne les contrats de travail. Lorsqu’un éditeur basé à l’étranger, comme celui de Londres mentionné dans le texte, recrute des employés sans signer de contrat de travail, cela peut entraîner une requalification de la relation de travail. En l’absence de contrat écrit, la relation est présumée être à durée indéterminée, ce qui signifie que l’employeur pourrait être tenu de respecter les obligations liées à un contrat de travail à temps plein. Cela inclut la nécessité de formaliser les relations avec les pigistes et le rédacteur en chef pour éviter des accusations de travail dissimulé. Quelles sont les obligations d’un contrat de travail à temps partiel selon le code du travail ?Selon l’article L. 3123-14 du code du travail, un contrat de travail à temps partiel doit être écrit et inclure plusieurs éléments essentiels. Tout d’abord, il doit mentionner la qualification du salarié, les éléments de rémunération, ainsi que la durée hebdomadaire ou mensuelle de travail. De plus, le contrat doit préciser la répartition de la durée du travail entre les jours de la semaine ou les semaines du mois. Il doit également inclure des informations sur les modifications possibles de cette répartition et les modalités de communication des horaires de travail au salarié. Enfin, le contrat doit définir les limites dans lesquelles des heures complémentaires peuvent être effectuées au-delà de la durée de travail fixée. Comment se prouve la durée du travail en l’absence de contrat écrit ?En l’absence d’un contrat écrit, la présomption est que le contrat de travail est à temps complet. Cela signifie que l’employeur doit prouver que le salarié était en réalité à temps partiel. Pour cela, il doit fournir des éléments de preuve concernant la durée exacte du travail convenu. L’employeur doit également démontrer que le salarié n’était pas dans l’impossibilité de prévoir son rythme de travail et qu’il n’était pas tenu de se tenir constamment à la disposition de l’employeur. Dans le cas mentionné, l’éditeur n’a pas pu prouver que la salariée ne travaillait pas à temps plein, ce qui a conduit à une requalification de son contrat. Quelles conséquences pour un salaire inférieur à la convention collective des journalistes ?Lorsque la salariée a perçu un salaire inférieur à celui stipulé par la convention collective des journalistes, cela a eu des conséquences juridiques significatives. En effet, sur une période de quatre ans, elle a reçu un salaire deux fois inférieur au salaire de base conventionnel. L’éditeur a été condamné à verser des compléments de salaire pour régulariser la situation, ainsi que des intérêts légaux, des congés payés et un 13ème mois. Cela souligne l’importance pour les employeurs de respecter les conventions collectives en matière de rémunération. Qu’est-ce que le travail dissimulé et quelles en sont les conséquences ?Le travail dissimulé, tel que défini par l’article L.8221-1 du code du travail, se produit lorsque l’employeur ne déclare pas un salarié ou ne lui remet pas de bulletins de salaire. Dans ce cas, le salarié a droit à une indemnité forfaitaire en cas de rupture de la relation de travail, équivalente à six mois de salaire. Pour que la dissimulation soit caractérisée, il faut prouver que l’employeur a agi intentionnellement. Dans le cas de l’éditeur de presse, l’absence de déclaration d’embauche et de bulletins de salaire a été considérée comme une preuve de l’intention de dissimuler l’emploi salarié, entraînant des sanctions pour l’éditeur. |
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