Type de juridiction : Cour d’appel
Juridiction : Cour d’appel de Versailles
Thématique : Droits d‘auteur des instructeurs de Fitness
→ RésuméDans l’affaire opposant le conseiller sportif au Club Med Gym, la question des droits d’auteur sur le programme Snow Fit a été centrale. Le conseiller a échoué à prouver qu’il était l’auteur de ce programme, malgré le dépôt d’une enveloppe Soleau, jugé insuffisant. Les attestations de Club Med Gym ont démontré que la société avait développé et commercialisé le programme, tandis que les témoignages des adhérents n’ont pas suffi à établir la paternité de l’œuvre. De plus, le dépôt de la marque Snow Fit a été considéré comme frauduleux, le conseiller ayant agi dans un but malveillant après son licenciement.
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Affaire Club Med Gym
L’enseigne Club Med Gym a obtenu le transfert à son profit, de la marque verbale française Snow Fit déposée par l’un de ses conseillers sportifs. Ce dernier a également tenté de faire reconnaître, en vain, des droits privatifs sur une préparation physique « innovante » baptisée Snow Fit car dédiée aux sports d’hiver.
Charge de la preuve
Il appartenait au conseiller sportif démontrer qu’il était l’auteur du programme sportif en cause. A ce titre, le dépôt d’une enveloppe Soleau n’a pas été jugée suffisant puisque celle-ci n’établit que la date d’un dépôt et non la qualité d’auteur. La qualité d’auteur appartient, sauf preuve contraire, à celui sous le nom de qui l’oeuvre est divulguée (article L 113-1 du code de la propriété intellectuelle). Or, il résultait d’attestations produites par la société Club Med Gym, corroborées par des manuels d’utilisation ou de présentation, que celle-ci avait mis au point et commercialisé, la première, un programme de préparation aux sports d’hiver, programme composé de cours collectifs et individuels. Le dirigeant de la société avait mis en place les grandes lignes de ce programme ainsi que les directions générales à suivre par les instructeurs sportifs.
Preuve par témoignages insuffisante
Si les adhérents du club ont témoigné des qualités professionnelles du conseiller sportif et de la qualité de ses formations, rien n’a permis de lui attribuer la création du programme sportif. La description des cours donnés n’était pas non plus suffisamment précise pour établir qu’ils correspondaient à ceux donnés dans le cadre du programme.
Dépôt frauduleux de la marque Snow Fit
Plus encore, dans le cadre du litige opposant le conseiller sportif au Club Med Gym (licenciement), les juges ont considéré qu’il avait déposé la marque Snow Fit uniquement dans un but de malice (fraude). Au sens de l’article L 712-6 du CPI, un dépôt est frauduleux lorsqu’une personne sachant qu’un tiers utilise une marque sans l’avoir protégée la dépose à son nom dans le dessein de l’opposer éventuellement à son usager antérieur. Or, le salarié avait connaissance de l’utilisation antérieure de la marque par Club Med Gym et l’a déposé, après son licenciement, pour réclamer à la société le paiement d’une redevance.
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