Type de juridiction : Cour d’Appel
Juridiction : Cour d’Appel de Paris
Thématique : Campagne publicitaire sur les réseaux sociaux
→ RésuméLa société Le Petit Ballon a contesté le paiement de sa facture de 20 400 euros à Mayane Communication, invoquant des performances décevantes de sa campagne publicitaire. Malgré un engagement de 42 500 clics, le trafic était de mauvaise qualité, avec des visiteurs restant en moyenne seulement 3 secondes sur le site. Les résultats étaient catastrophiques, avec seulement 4 ventes pour 346 euros. Mayane Communication a reconnu des anomalies techniques, suggérant un bug. Cette affaire soulève des questions sur la responsabilité des agences en matière de qualité de trafic et de suivi des prestations. Affaire à suivre.
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Si le diffuseur d’une campagne publicitaire sur les réseaux sociaux n’est pas tenu à une obligation de résultat, des dysfonctionnements techniques, un taux de clic incohérent ou une durée de visite très faible, sont des contestations sérieuses permettant à l’annonceur de refuser de payer l’intégralité de la facture exigible.
Le Petit Ballon c/ Mayane Communication
La société Le Petit
Ballon (annonceur), spécialisée dans la commercialisation et la distribution de
vins a obtenu gain de cause (en référé) contre la société Mayane Communication.
Selon un ordre d’insertion, l’annonceur avait confié
au support, qui fournit des services de communication en ligne dans le domaine
de la puériculture et la parentalité, une campagne publicitaire digitale dite
‘fête des pères’ pendant quinze jours. Les prestations convenues à réaliser par
la société Mayane Communication sur ses sites et réseaux étaient les suivantes
: rédaction et production d’un contenu éditorial par ses journalistes et mise
en ligne pour une durée indéterminée avec lien de redirection, relais post
Facebook sur la page Parole de Mamans, relais encart dans le newsletter
hebdomadaire de Parole de Mamans envoyé à 120 000 @, un post instagram sur la
page Parole de Mamans, habillage/display des sites Paroles de Mamans et Avis de
Mamans. La société Mayane Communication s’était ainsi engagée à générer, par
ses actions diverses, un volume de 42 500 clics vers le site marchand de la
société Le Petit Ballon, moyennant le versement par cette dernière de la somme
forfaitaire de 20 400 euros TTC.
Moyen de défense efficace à plaider
Pour refuser de payer
sa facture, la société Le Petit Ballon a fait valoir les incohérences et la
piètre qualité du trafic (les visiteurs restant en moyenne 3 secondes sur son
site) ainsi que des performances catastrophiques de la campagne (en post clic,
l’opération au global a généré 4 ventes pour 346 euros). Par ailleurs, 40 % des
visites ont duré en moyenne moins de 2 secondes voire une seconde. Ce à quoi la
société Mayane Communication a répondu «concernant
l’emailing, nous n’avons pas encore trouvé le problème’ puis ‘concernant la
partie emailing, j’ai vu que la durée de visite était inférieure à 1 seconde,
ce qui renforce l’idée qu’il y a un bug quelque part parce que ce sont des
stats qui ne peuvent exister».
Durée des visites: un critère important
Si en effet la société Mayane Communication ne s’était engagée que sur un nombre de clics garantis vers le site marchand de la société Le Petit Ballon et non sur le temps passé sur le site ou sur un nombre de transactions conclues, il apparaissait au vu de la très faible durée de visite du site générée par les clics, notamment via l’emailing, que l’exécution ou le suivi des prestations techniques de la société Mayane Communication pouvait sérieusement être remis en cause. Il s’ensuit que les contestations élevées par la société Le Petit Ballon sur la qualité des prestations tant techniques que de conseil réalisées par la société Mayane Communication étaient sérieuses. Affaire à suivre … Téléchargez la décision
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