Contrefaçon d’oeuvre musicale : la preuve de la date de création est déterminante

·

·

Contrefaçon d’oeuvre musicale : la preuve de la date de création est déterminante
L’Essentiel : Dans une affaire de contrefaçon, un auteur compositeur a vu sa demande rejetée par la cour, qui a souligné l’importance de prouver la date de création de l’œuvre. Bien que M. AD ait affirmé que le titre « MAS » était une copie de son œuvre « MY LOVE », il n’a pas réussi à identifier clairement son œuvre ni à démontrer sa qualité d’auteur. La cour a noté l’absence de pièces datées et d’une divulgation adéquate de son nom en tant que compositeur, ce qui a conduit à l’impossibilité de se prononcer sur la contrefaçon alléguée.

Action en contrefaçon d’un auteur compositeur

Débouté de son action en contrefaçon, un auteur compositeur affirmait que le titre MAS interprété par l’artiste P était une copie de son oeuvre musicale MY LOVE.

Après avoir tenté sans succès d’envoyer des mises en demeure, il a fait réaliser une analyse musicale comparative des deux oeuvres. Il a ensuite saisi le tribunal de grande instance de Paris d’une action en contrefaçon, sollicitant une somme de 250 000 euros au titre de son préjudice matériel et de 150 000 euros au titre de son préjudice moral. Cependant, la question de l’identification de l’oeuvre musicale et de la qualité de compositeur n’a pas été abordée dans le fond de l’action, mais plutôt dans sa recevabilité.

Preuve de la qualité d’auteur

La cour a rappelé que l’article L.111-1 du Code de la propriété intellectuelle dispose que l’auteur d’une oeuvre de l’esprit jouit, sur cette oeuvre, d’un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous. Selon l’article L.112-2 5°, les compositions musicales avec ou sans paroles sont considérées comme des oeuvres de l’esprit. De plus, l’article L.113-1 précise que la qualité d’auteur appartient, sauf preuve contraire, à celui ou à ceux sous le nom de qui l’oeuvre est divulguée.

Pièces non datées et oeuvre insuffisamment identifiée

Ainsi, pour identifier l’oeuvre et justifier de sa qualité de compositeur, M. AD devait fournir des preuves. Cependant, la cour a considéré que l’oeuvre revendiquée par M. AD n’était pas identifiée de manière suffisante et que celui-ci n’a pas réussi à démontrer sa qualité d’auteur, notamment par la divulgation de l’oeuvre avec la mention de son nom comme étant le compositeur. Les conclusions de M. AD ne contenaient pas non plus de description ni d’analyse de l’oeuvre revendiquée, ce qui aurait pu permettre de définir ladite oeuvre.

En conclusion, la cour a rejeté l’action en contrefaçon de M. AD en raison de l’absence de date des pièces produites aux débats. La question de l’identification de l’oeuvre musicale et de la qualité de compositeur n’ayant pas été traitée dans le fond, la cour n’a pas été en mesure de se prononcer sur la contrefaçon alléguée.

Télécharger cette décision

Consultez et Téléchargez la décision à l’origine de ce point juridique

Les litiges sur la contrefaçon

Parcourez toutes les décisions de justice récentes rendues sur ce thème afin de sécuriser vos affaires

La législation applicable à la contrefaçon

Restez informé(e) en retrouvant toute la législation applicable à ce thème juridique.

Q/R juridiques soulevées :

Quel était l’objet de l’action en contrefaçon intentée par l’auteur compositeur ?

L’auteur compositeur a intenté une action en contrefaçon en affirmant que le titre « MAS », interprété par l’artiste P, était une copie de son œuvre musicale intitulée « MY LOVE ». Après avoir tenté d’envoyer des mises en demeure sans succès, il a fait réaliser une analyse musicale comparative des deux œuvres. Il a ensuite saisi le tribunal de grande instance de Paris, demandant une indemnisation de 250 000 euros pour son préjudice matériel et de 150 000 euros pour son préjudice moral. Cependant, la cour a examiné la recevabilité de l’action plutôt que le fond, ce qui a conduit à un rejet de sa demande.

Quelles sont les dispositions légales concernant la qualité d’auteur d’une œuvre musicale ?

La cour a rappelé que l’article L.111-1 du Code de la propriété intellectuelle stipule que l’auteur d’une œuvre de l’esprit jouit d’un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous. Selon l’article L.112-2 5°, les compositions musicales, qu’elles soient avec ou sans paroles, sont considérées comme des œuvres de l’esprit. De plus, l’article L.113-1 précise que la qualité d’auteur appartient, sauf preuve du contraire, à celui ou ceux sous le nom de qui l’œuvre est divulguée. Ces articles établissent un cadre juridique clair pour la protection des droits des auteurs et la reconnaissance de leur qualité.

Pourquoi la cour a-t-elle rejeté l’action de M. AD ?

La cour a rejeté l’action de M. AD en raison de l’absence de preuves suffisantes pour identifier l’œuvre revendiquée et démontrer sa qualité de compositeur. M. AD n’a pas réussi à prouver que son œuvre était suffisamment identifiée, notamment en ne divulguant pas son nom comme étant le compositeur. Les conclusions présentées par M. AD manquaient également de description et d’analyse de l’œuvre, ce qui aurait pu aider à définir ladite œuvre. En conséquence, la cour n’a pas pu se prononcer sur la contrefaçon alléguée, car les éléments nécessaires à l’examen du fond n’étaient pas présents.

Quelles étaient les conséquences de l’absence de date des pièces produites ?

L’absence de date des pièces produites a été un facteur déterminant dans le rejet de l’action en contrefaçon de M. AD. La cour a souligné que sans une identification claire et datée des œuvres, il était impossible de traiter la question de la contrefaçon dans le fond. Cela signifie que la cour n’a pas pu évaluer si l’œuvre de M. AD avait été effectivement copiée par l’artiste P. Ainsi, l’absence de documentation adéquate a conduit à l’impossibilité de se prononcer sur les allégations de contrefaçon, entraînant le rejet de l’action.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Chat Icon