Présomption de harcèlement moral 

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Présomption de harcèlement moral 

Peuvent présumer un harcèlement moral (renversement de la charge de la preuve) des faits postérieurs au départ en congé de fin de carrière du salarié, tels que le refus de fournir des outils nécessaires à son activité syndicale en le privant pendant deux ans d’un accès à l’intranet de l’entreprise, le refus de lui permettre d’assister aux réunions de délégués du personnel par télé-présence après la reconnaissance de son état de travailleur handicapé, des erreurs systématiques quant au calcul des cotisations de retraite complémentaire et supplémentaire ainsi que des erreurs quant au calcul de l’intéressement et de la participation.

Renversement de la charge de la preuve

Ces indices établissent des faits qui permettent de présumer un harcèlement moral et renversent la charge de la preuve au bénéfice du salarié. L’employeur doit alors apporter la preuve négative que ces faits sont étrangers à l’existence d’un harcèlement moral.

Agissements répétés de harcèlement moral

Pour rappel, au sens de l’article L. 1152-1 du code du travail, aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ; ces dispositions sont applicables à un salarié dispensé d’activité en raison d’une période de congé de fin de carrière, dès lors que le contrat de travail n’est pas rompu pendant cette période.

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Questions / Réponses juridiques

Quelles sont les raisons du licenciement du cadre de l’enseigne Accor ?

Le cadre de l’enseigne Accor a été licencié pour plusieurs raisons, principalement liées à son comportement inapproprié et à ses méthodes de management abusives.

Tout d’abord, il a été reproché au cadre d’utiliser les caméras de surveillance de manière excessive et injustifiée.

Il surveillait en permanence les employés, ce qui ne correspond pas à l’objectif de sécurité pour lequel ces dispositifs sont installés.

Ensuite, son comportement vis-à-vis des stagiaires, notamment des jeunes filles, était inacceptable.

Il a envoyé des messages à caractère sexuel, tels que des invitations inappropriées et des commentaires déplacés sur leur apparence.

Ces actions ont été jugées comme un manquement à l’exemplarité attendue d’un cadre, justifiant ainsi son licenciement pour faute grave.

Qu’est-ce que la faute grave selon le Code du travail ?

La faute grave, selon les articles L.1234-1 et L.1234-9 du Code du travail, est définie comme un fait ou un ensemble de faits imputables au salarié qui constituent une violation des obligations découlant du contrat de travail.

Cette violation doit être d’une telle gravité qu’elle rend impossible le maintien du salarié dans l’entreprise, même pendant la durée du préavis.

En d’autres termes, la faute grave est une infraction suffisamment sérieuse pour justifier un licenciement immédiat, sans préavis ni indemnité.

Les comportements inappropriés, comme ceux observés chez le cadre d’Accor, peuvent être considérés comme des fautes graves, car ils compromettent l’intégrité et le respect au sein de l’environnement de travail.

Quelle est la procédure à suivre en cas de licenciement pour faute grave ?

En cas de licenciement pour faute grave, l’employeur doit suivre une procédure précise pour s’assurer que le licenciement est justifié.

Tout d’abord, il doit s’assurer que les faits reprochés au salarié sont bien documentés et qu’ils ne datent pas de plus de deux mois, conformément à l’article L1332-4 du Code du travail.

Cela signifie que l’employeur doit avoir connaissance des faits fautifs dans ce délai pour pouvoir engager des poursuites disciplinaires.

Ensuite, il doit notifier le salarié par écrit, en précisant les motifs du licenciement.

Le salarié a également le droit de contester ce licenciement devant le juge, qui évaluera la régularité de la procédure et la véracité des motifs avancés par l’employeur.

Si des doutes subsistent, ils profiteront au salarié, ce qui souligne l’importance d’une procédure rigoureuse et transparente.

Quels sont les droits du salarié en cas de licenciement pour faute grave ?

En cas de licenciement pour faute grave, le salarié n’a pas droit à un préavis ni à une indemnité de licenciement, comme le stipulent les articles L.1234-1 et L.1234-9 du Code du travail.

Cependant, le salarié a le droit de contester le licenciement devant le tribunal compétent.

Il peut demander une réévaluation de la procédure de licenciement et des motifs invoqués par l’employeur.

Le juge examinera les éléments fournis par les deux parties et pourra ordonner des mesures d’instruction si nécessaire.

Si le licenciement est jugé injustifié, le salarié pourrait obtenir des compensations financières ou la réintégration dans son poste.

Ainsi, même en cas de faute grave, le salarié dispose de recours pour défendre ses droits.

Quelles sont les implications de la prescription de deux mois dans le cadre d’un licenciement ?

La prescription de deux mois, selon l’article L1332-4 du Code du travail, impose que tout fait fautif ne puisse donner lieu à des poursuites disciplinaires au-delà de ce délai.

Cela signifie que l’employeur doit agir rapidement s’il souhaite engager des poursuites contre un salarié pour des faits fautifs.

Si l’employeur ne peut prouver qu’il a eu connaissance des faits dans les deux mois précédant les poursuites, il risque de voir sa demande de licenciement rejetée.

Cependant, si des faits fautifs se sont produits dans cette période, ils peuvent justifier l’examen de comportements antérieurs similaires.

Il est donc déterminant pour l’employeur de documenter soigneusement les faits et de respecter les délais pour éviter des complications juridiques.


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