Cour d’appel de Paris, 10 décembre 2015
Cour d’appel de Paris, 10 décembre 2015

Type de juridiction : Cour d’appel

Juridiction : Cour d’appel de Paris

Thématique : Licenciement pour faute grave | SYNTEC

Résumé

Le licenciement pour faute grave d’un salarié sous le régime SYNTEC a été jugé sans cause réelle et sérieuse. L’employeur n’a pas fourni de preuves suffisantes pour justifier un comportement fautif, notamment en ce qui concerne des clients n’ayant pas choisi ses services. Un seul grief, sans impact financier, ne peut justifier un licenciement disciplinaire, surtout en l’absence de sanctions antérieures. Le salarié a donc droit à une indemnité, évaluée à 30 000 euros, tenant compte de son âge, de la taille de l’entreprise et du préjudice moral causé par la rupture brutale de son contrat.

Le licenciement pour faute grave d’un salarié (régime SYNTEC) a été déclaré sans cause réelle et sérieuse. L’employeur n’apportait aucun élément probant qui permettait d’imputer au salarié un comportement fautif à l’origine du fait que certains clients n’ont pas choisi l’employeur pour assurer les prestations et les motifs pour lesquels les rendez-vous de présentation en clientèle n’ont pas abouti à un engagement.

Le seul grief avéré concernant une mission interne sans impact financier pour l’entreprise ne saurait constituer un motif suffisamment sérieux pour justifier un licenciement disciplinaire en l’absence d’autre sanction antérieure.

Le salarié était fondée à obtenir une indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse qui ne saurait être inférieure, par application des dispositions de l’article L. 1235-3 du code du travail, à la rémunération brute dont il a bénéficié pendant les six derniers mois précédant la rupture du contrat de travail. Agé de 40 ans à la date du licenciement, de la taille de l’entreprise qui employait 151 salariés, du préjudice moral subi du fait de la brutalité de la rupture intervenue dans un cadre disciplinaire alors qu’il n’avait jamais fait l’objet de la moindre sanction auparavant, le préjudice a été évalué à la somme de 30 000 euros.

 


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